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RDC : CIVICUS demande la libération immédiate des journalistes Patrick Lola et Christian Bofaya

CIVICUS demande aux autorités de la République démocratique du Congo (RDC) de libérer immédiatement les journalistes et militants Patrick Lola et Christian Bofaya, arrêtés pour avoir fait leur métier. Patrick et Christian sont arbitrairement détenus sans avoir été inculpés depuis cinq mois à la prison centrale de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur. 

Ils ont été arrêtés le 10 janvier 2022 sur ordre de Bobo Boloko Bolumbu, le gouverneur de la province de l’Équateur, pour avoir couvert une manifestation publique organisée par trois députés de la province dont l’élection avait été invalidée par l’assemblée provinciale en octobre 2021.

L’arrestation et la détention illégale de Patrick et Christian ne sont pas un cas isolé, mais s’inscrivent dans une série de mauvais traitements et d’arrestations de professionnels des médias et de journalistes par les autorités gouvernementales ces derniers temps.  Le 10 avril 2022, trois journalistes de Radio Mwana Mboka, Albert Muhila, Dieu Agba et Patrick Gbondo, ont été détenus pendant plus d’une semaine pour insultes. Le 21 avril 2022, la police congolaise a arrêté Sébastien Mulamba, un journaliste travaillant pour Kisangani News, pour détention d’armes après avoir émis des critiques à l’égard du gouverneur de la province. 

Malgré les premiers progrès accomplis par le nouveau gouvernement, qui ont suivi après les engagements pris par le président Félix Tshisekedi, aucune mesure n’a été prise pour mettre fin à l’impunité générale des acteurs étatiques en matière de restriction des rassemblements pacifiques et de recours excessif à la force contre les journalistes et les manifestants pacifiques.

L’arrestation et la détention illégale de Patrick et Christian menacent la liberté de la presse et des médias, fondement d’une gouvernance démocratique et responsable en RDC. Elles ont un effet paralysant sur le développement, les droits humains, la liberté d’expression et l’accès à l’information dans le pays et risquent de réduire à néant tous les acquis obtenus depuis l’arrivée au pouvoir du président Tshisekedi. Le gouvernement de la République démocratique du Congo doit protéger le droit à la liberté d’expression et d’information.

«CIVICUS condamne les actes d’intimidation des autorités de la RDC, qui se manifestent par des arrestations arbitraires et des détentions illégales de journalistes et de professionnels des médias. Pour qu’une démocratie soit prospère, il faut que tous ses piliers, tels que les médias libres, soient opérationnels, respectés et soutenus. On ne saurait donc trop insister sur la nécessité de libérer immédiatement Patrick et Christian," Paul Mulindwa, Chargé du plaidoyer et des campagnes de CIVICUS.

Nous appelons le gouvernement de la RDC à :

  1. Abandonner immédiatement et sans condition toutes les accusations contre Patrick et Christian.

  2. Mettre fin à toutes les formes de harcèlement et de victimisation des journalistes, et en particulier de Patrick et Christian.

  3. Respecter et protéger la liberté de presse et le droit des citoyens à la liberté d’expression.

  4. Créer un environnement favorable aux activités des organisations de la société civile en éliminant les restrictions et les menaces à la liberté d’expression, afin de garantir que la société civile, les militants et les citoyens puissent s’exprimer sans crainte de représailles. 

  5. Ériger les délits de presse et l’emprisonnement des journalistes et des professionnels des médias en infractions pénales.

 

L’espace civil au RDC est considéré comme réprimé par le CIVICUS Monitor.

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