Burundi: les disparitions et les arrestations continuent en amont des élections de mai

Déclaration à la 43ème session de Conseil des droits de l'homme des Nations Unies durant le dialogue interactif avec la Comission d'enquête des Nations Unies sur le Burundi

CIVICUS et les organisations indépendantes de la société civile burundaise saluent le travail important de la Commission d'enquête et remercient celle-ci pour son actualisation, malgré le refus persistant du gouvernement du Burundi d'accorder l'accès au pays.

A quelques mois des élections générales prévues pour le mois de mai, la situation des droits humains et de la sécurité reste précaire. Les disparitions forcées et les détentions arbitraires d'opposants et d'autres voix dissidentes se poursuivent sans relâche. En janvier 2020, Jacques Nibigira, Gilbert Ndayishimiye, Eslon Nshinyabigoye et Juma ont été arrêtés par le service de renseignement burundais. On ignore toujours où ils se trouvent.  En octobre 2019, les journalistes Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Égide Harerimana et Térence ont été arbitrairement arrêtés alors qu'ils enquêtaient sur les activités des rebelles. Le défenseur des droits humains Germain Rukuki est toujours en prison et purge une peine de 32 ans de prison sous de fausses accusations de "rébellion".

Le 16 janvier 2020, le journaliste Blaise Pascal Kararumiye a été arrêté et détenu au secret pendant cinq jours par le gouverneur de la province de Karuzi, puis libéré sans aucune charge. La liberté d'expression, l'accès à l'information et l'association restent limités au Burundi. Des membres d'autres partis politiques ont été violemment attaqués par la branche jeunesse du parti au pouvoir. Nous craignons que de telles attaques se poursuivent à l'approche des élections.

Nous demandons au gouvernement du Burundi de coopérer pleinement et de permettre l'accès aux mécanismes du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, y compris la Commission d'enquête ; et à tous les mécanismes des Nations unies sur la paix, la sécurité et les droits de l'homme de soutenir pleinement les travaux et les recommandations de la Commission. Nous appelons en outre le Conseil à tenir sérieusement compte de l'analyse des facteurs de risque effectuée par la Commission et à prendre des mesures pour prévenir les atrocités et faire en sorte que le gouvernement du Burundi soit tenu responsable de ses violations des droits de l'homme.

Nous demandons à la Commission si elle prévoit le déploiement d'une mission d'observation avant, pendant et après les prochaines élections afin que les violations des droits de l'homme liées aux élections puissent être signalées en temps utile pour contribuer à prévenir l'escalade de la violence électorale.