Madagascar : Un journaliste acquitté mais de sévères restrictions d'espace civique persistent

Déclaration à la 43e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies

Adoption par Madagascar de l'Examen périodique universel des droits de l'homme

CIVICUS se félicite de l'acceptation par Madagascar de 22 recommandations axées sur l'espace civique dans le cadre de ce cycle de l'EPU. Cependant, dans notre présentation à l'EPU, nous avons documenté que depuis son dernier examen, Madagascar n'a que partiellement mis en œuvre deux recommandations et n'a pas pris de mesures concrètes pour mettre en œuvre 20 des recommandations relatives à l'espace civique faites en 2014.

Nous nous félicitons de l'acquittement du journaliste d'investigation Fernand Cello par la Cour d'appel de Fianatantsoa deux ans après son arrestation et son inculpation pour le vol d'un chéquier. Cet acquittement est une étape nécessaire dans le respect des droits des journalistes et des médias.

Cependant, le code de la loi sur les communications des médias impose de lourdes amendes pour des délits tels que l'outrage, la diffamation et l'insulte à un fonctionnaire.  De plus, les failles du système de justice pénale permettent au pouvoir judiciaire de gouverner sous l'influence de l'exécutif.  La détention préventive, notamment des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes, est très répandue et utilisée comme une stratégie pour les contraindre à l'autocensure.

La liberté de réunion continue d'être restreinte car les autorités utilisent le prétexte de l'ordre public pour interdire les protestations des groupes de la société civile.  Nous sommes préoccupés par les niveaux élevés de persécution judiciaire, d'intimidation et de harcèlement des défenseurs des droits de l'homme, en particulier ceux qui défendent les droits environnementaux et fonciers.

Madame la Présidente, CIVICUS appelle le gouvernement de Madagascar à prendre des mesures proactives pour répondre à ces préoccupations et mettre en œuvre les recommandations visant à créer et à maintenir, en droit et en pratique, un environnement favorable à la société civile.


L'espace civique à Madagascar est actuellement classé comme étant Reprimé par le CIVICUS Monitor.

Voir nos recommandations qui ont été soumises au Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur les conditions des droits de l'homme à Madagascar.

Voir nos priorités de plaidoyer et notre programme d'activités lors de la 43ème session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.