G20

 

  • G20 : « La société civile est traitée comme un partenaire de seconde classe et n’est pas souvent écoutée »

    Emilia BerazateguiCIVICUS s’entretient avec María Emilia Berazategui, coordinatrice du plaidoyer mondial à Transparency International, sur le rôle de la société civile dans les forums internationaux et intergouvernementaux, et l’influence qu’elle peut exercer sur les processus décisionnels, ainsi que sur les succès obtenus et les défis à relever en 2019 par le C20, le forum de la société civile au sein du G20. Avant de rejoindre Transparency International, María Emilia a dirigé le département des institutions politiques et du gouvernement d’une organisation de la société civile (OSC) argentine Poder Ciudadano. En 2018, elle a été nommée « Sherpa » du C20 sous la présidence de l’Argentine. En 2017 et 2019, elle a été membre du comité directeur du C20, et en 2018 et 2019, elle a été la coprésidente du groupe de travail anti-corruption du C20.

     

     

    Qu’est-ce que le C20, et pourquoi est-il important ?

    Le C20 (Civil-20) est l’un des groupes d’engagement officiels du G20, et constitue l’espace privilégié permettant aux OSC de défendre leurs intérêts au niveau du G20.

    Les OSC peuvent participer aux processus du G20 de deux manières supplémentaires : en assistant aux réunions des groupes de travail du G20 en tant qu’invités pour présenter des recommandations thématiques, et par leur présence au sein du Centre international des médias du G20 (G20 International Media Center) lors des sommets, ce qui leur permet de s’engager directement avec les médias couvrant le sommet du G20 et de diffuser leurs messages relatifs aux thématiques clés.

    Le C20 est un espace de la société civile mondiale, sans structure permanente et avec une présidence tournante annuelle, en accord avec celle du G20, pour que les OSC du monde entier - des groupes locaux et de la base aux grandes OSC internationales - exercent une influence collective sur le G20. Selon les principes du C20récemment adoptés, son objectif est de veiller à ce que les dirigeants mondiaux écoutent non seulement les représentants des gouvernements et des entreprises, mais aussi les propositions et les revendications de la société civile, et qu’ils soient guidés par les valeurs fondamentales des droits humains, de l’inclusion et du développement durable.

    L’engagement de la société civile auprès du G20 est primordial car il ne reste que 10 ans avant l’échéance de 2030 pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), et l’écart entre les actions entreprises par les gouvernements et les mesures nécessaires pour les atteindre est immense. La plupart des défis auxquels nous sommes confrontés - la polarisation et l’extrémisme politiques, les violations des droits humains et les restrictions de l’espace civique, les inégalités extrêmes, la corruption systémique, les disparités entre les sexes et la violence fondée sur le genre, la discrimination intersectionnelle, le manque d’emplois décents, la crise sanitaire et l’impact négatif de la digitalisation et de la technologie sur nos vies - demeurent non seulement sans réponse mais ne cessent de se renforcer.

    Les gouvernements et les institutions multilatérales ont un rôle central à jouer dans la recherche de solutions communes à des défis communs. Les dirigeants du monde entier doivent se réunir de toute urgence pour trouver ces solutions et, en dépit de ses lacunes, le G20 est l’un des rares espaces qui leur en offre la possibilité.

    Malheureusement, au cours des dernières années, nous n'avons pas vu de réels progrès de la part des dirigeants du G20. Ils prennent des engagements en présence des médias du monde entier, mais les oublient rapidement et ne les concrétisent que rarement à leur retour dans leur propre pays. Un récent rapport de Transparency International exposant les problèmes de blanchiment d’argent et de propriété anonyme des entreprises a révélé des faiblesses profondément troublantes dans presque tous les pays du G20.

    Quelle peut être la contribution de la société civile ?

    L'engagement de la société civile auprès du G20 peut être utile car celle-ci apporte un ensemble de compétences uniques.

    Premièrement, en essayant de s'assurer que les résultats des politiques servent le bien commun, nous demandons des comptes aux gouvernements. Ainsi, lorsque les gouvernements s'engagent sur un sujet, nous leur demandons de tenir leurs promesses. Parfois ils résistent, mais d’autre fois nous parvenons à soutenir des représentants au sein des gouvernements qui sont réellement déterminés à faire avancer les choses.

    Deuxièmement, nous mettons notre expérience à profit. Les groupes de la société civile ne sont pas seulement des agents de surveillance. Nous sommes des innovateurs, des spécialistes de la technologie, des chercheurs et des experts en politique publique, et nous pouvons contribuer à la mise en œuvre des politiques pour obtenir les meilleurs résultats possibles. La société civile peut également contribuer à une plus grande transparence et à une évaluation critique des résultats.

    Troisièmement, la société civile fait office de passerelle, en aidant à traduire le jargon technique dans un langage que les gens emploient en pratique, en expliquant en quoi consiste le changement souhaité et en faisant part du point de vue des citoyens aux décideurs. Les gouvernements doivent communiquer avec la société civile au sujet de leurs initiatives, afin que nous puissions fournir un retour d’information sur l’impact de ces initiatives sur la vie des gens.

    Enfin, et surtout, la société civile apporte un équilibre indispensable. L’une des plus grandes faiblesses du G20 est le manque d’ouverture à l'idée que la société civile soit représentée à la même table des négociations que les milieux d'affaires. Cela soulève la question de savoir si le G20 valorise davantage les intérêts des entreprises que ceux des citoyens. Cela ne favorise certainement pas la confiance, et permet de comprendre pourquoi les gens du monde entier pensent que les gouvernements sont trop proches des entreprises ou n'agissent qu'au profit de quelques intérêts privés.

    Quel espace les forums internationaux tels que le G20 offrent-ils réellement à la société civile pour exercer une influence sur l’élaboration des politiques ?

    Le G20 est souvent décrit comme élitiste, comme un groupe de puissances économiques - bien que les plus grandes économies n’y participent pas toutes - qui tente de réécrire les règles de la gouvernance économique mondiale, en opérant largement à huis clos et de manière opaque. Il n’est pas étonnant que de nombreux membres de la société civile estiment instinctivement que nous devrions nous opposer au G20 plutôt que de nous engager avec lui.

    Le G20 invite divers invités à participer à ses réunions, notamment des représentants de différents groupes régionaux, des États invités et des organisations internationales. Toutefois, son bilan en matière d’engagement avec les groupes de citoyens et la société civile est, au mieux, mitigé. Malgré tout ce que nous avons à offrir, nous ne sommes pas admis autour de la table des négociations ; nous sommes traités comme des partenaires de seconde zone et nos recommandations et idées sur des questions pourtant cruciales ne sont pas souvent prises en compte.

    Les expériences varient considérablement entre les différents groupes de travail qui composent le G20. Par exemple, malgré toutes les connaissances de la société civile en matière de problématiques financières, le groupe de travail sur l’architecture financière internationale du G20 a systématiquement fermé ses portes à la participation de la société civile. En revanche, nous avons la chance d'avoir un point permanent à l'ordre du jour du groupe de travail sur la lutte contre la corruption, au sein duquel les gouvernements s'adressent aux entreprises et à la société civile, les mettant sur un pied d'égalité. Bien que nous appréciions cette situation, nous pensons que ce groupe de travail et le G20 en général doivent améliorer de manière significative leur engagement envers la société civile.

    Malgré toutes ces limites et ces défis, au cours de l’année 2019, alors que la présidence du G20 était entre les mains du Japon, la société civile a réussi à influencer le G20 dans certains domaines, notamment la protection des lanceurs d’alerte, la transparence concernant les dépenses d’infrastructures, et sur les questions relatives au genre et à la corruption.

    En 2019, le groupe de travail du G20 sur la lutte contre la corruption a adopté deux documents majeurs : les principes directeurs du G20 pour la protection efficace des lanceurs d'alerte, qui correspondaient en grande partie aux recommandations de la société civile et comprenaient une reconnaissance sans précédent par le G20 des aspects sexo-spécifiques en matière de dénonciation. Le Compendium of Good Practices for Promoting Integrity and Transparency in Infrastructure Development (Compendium des bonnes pratiques pour la promotion de l'intégrité et de la transparence dans le développement des infrastructures) était également aligné sur les recommandations de la société civile.

    Par le biais du Compendium, le G20 a également reconnu que la transparence concernant l’identité des propriétaires des entreprises est essentielle à la lutte contre la corruption. Conformément aux suggestions de la société civile, il a préconisé la mise en place de registres de propriété effective des entreprises afin de réduire la possibilité que des fonds publics soient utilisés pour favoriser certains individus ou entreprises, et d’identifier les conflits d’intérêts.

    Globalement, quels ont été, selon vous, les principaux accomplissements réalisés grâce à l'engagement de la société civile auprès du G20 en 2019 ?

    En un mot, le principal succès de l'engagement de la société civile en 2019 a été son caractère continu. La société civile a pu maintenir un degré d’engagement similaire à celui de 2018, lorsque le G20 était présidé par l’Argentine. En 2018, et pendant une courte période, la société civile a obtenu l’accès à certaines réunions des groupes de travail du G20, mais malheureusement pas aux groupes de travail qui font partie de ce qu’on appelle le G20 Finance Track, ni au Centre des médias du G20. Cela a rendu possible l'accès de la société civile, pour la première fois, à certaines sessions qui se tenaient auparavant à huis clos.  En outre, nous avons réussi à faire en sorte que les représentants locaux du G20, y compris le Sherpa, assistent aux réunions du C20 en personne.

    L'appel lancé en 2018 par la société civile aux délégués du G20 afin de les inciter à passer des paroles aux actes est resté en vigueur depuis la présidence de l'Argentine jusqu'à celle du Japon. Elle a trouvé un écho dans les médias sociaux, à travers le hashtag #G20takeaction. Pour renforcer davantage l’engagement de la société civile et garantir un impact croissant au sein du G20, le C20 a convenu en 2019 d’un ensemble de principes qui consacrent la transparence, la collaboration, l’indépendance, l’internationalisme, l’inclusivité et le respect des droits humains et de l’égalité des sexes, comme des piliers centraux dans la pratique du groupe d'engagement. Il s’agit d’une étape très importante dans l’histoire du C20.

    Quels ont été les défis, et qu’est-ce qui doit être amélioré ?

    Malgré ces succès, il est urgent que le G20 change sa façon de s’engager avec la société civile. Au sein du G20, les gouvernements discutent de politiques qui ont un impact considérable sur nos vies. En tant que société civile, nous devons être autorisés à apporter les voix réelles et diverses des citoyens à la table. Ce sont eux qui seront affectées par les politiques publiques promues lors de ce forum.

    Les rares fois où nous avons réussi à obtenir l’accès aux réunions du G20, l’expérience n’a guère été positive. Nous faisons de gros efforts pour être présents. Après avoir réuni les ressources nécessaires et voyagé pendant de nombreuses heures, nous attendons - parfois pendant longtemps - à l’extérieur de la salle de réunion jusqu’à ce que nous soyons enfin autorisés à entrer. Une fois à l’intérieur, nous partageons nos idées et nos recommandations aussi rapidement que possible, afin de nous assurer qu’il nous reste du temps pour dialoguer avec les délégations, bien qu’il ne s’agisse pas souvent d’une conversation ouverte et honnête. Après un court moment, on nous fait sortir diplomatiquement de la salle pour que les négociations puissent se poursuivre, puisque la case "participation de la société civile" a été cochée.

    Le G20 a encore un long chemin à parcourir pour assurer une participation effective de la société civile. Les dirigeants du G20 doivent cesser de penser qu'en invitant des représentants de la société civile à quelques réunions, ils s'acquittent de leur obligation de procéder à de larges consultations et de s'ouvrir au contrôle. Ils doivent reconnaître les compétences uniques que peut offrir la société civile, et s’orienter vers un engagement plus significatif et soutenu avec elle.

    Ils peuvent le faire de plusieurs manières. Tout d’abord, ils peuvent - et doivent - inviter les représentants de la société civile ainsi que ceux des entreprises à des sessions complémentaires des diverses réunions du groupe de travail, afin de présenter leurs points de vue et conseils sur chaque sujet, et pas seulement au cours d’une seule et brève session consacrée à l’écoute de toutes nos préoccupations. Ils devraient également partager avec nous l’ordre du jour de ces réunions. Cela peut sembler fou, mais la plupart du temps, nous sommes invités et nous nous rendons à des réunions sans savoir ce qui va être discuté, de sorte que nous ne déléguons pas nécessairement la personne la plus appropriée ou ne préparons pas la contribution la plus pertinente ou la plus détaillée.

    Deuxièmement, les délégués du G20 doivent systématiquement rencontrer la société civile nationale tout au long de l’année, avant et après les réunions des groupes de travail du G20. C’est déjà le cas dans certains pays du G20, mais pas dans tous.

    Troisièmement, les représentants du G20 doivent être plus ouverts et honnêtes dans leurs échanges avec la société civile. Lorsque les délégués du G20 discutent avec la société civile, ils ne partagent le plus souvent que des informations limitées sur ce qu’ils font pour relever les principaux défis mondiaux, ce qui s’apparente à de la propagande. Et s’ils nous demandaient de quoi nous voulons parler et quelles informations nous aimerions recevoir ? Ou encore, pourquoi ne pas nous faire part d'un retour d'information honnête et direct sur les propositions et les recommandations que nous avons partagées avec eux ?

    Les dirigeants du G20 semblent ignorer qu’une bonne communication et l’accès à l’information sont essentiels. Il n’existe pas de site web permanent du G20. Au lieu de cela, chaque présidence crée le sien, qui devient ensuite obsolète. Le paysage numérique est jonché de sites web obsolètes du G20. Il est donc difficile pour la société civile, les médias et les chercheurs qui souhaitent s’informer sur les activités du G20 de trouver ce qu’ils veulent. En 2017, lorsque l’Allemagne a présidé le G20, le gouvernement allemand a pris une excellente initiative : il a compilé tous les engagements existants en matière de lutte contre la corruption en un seul endroit. Cela devrait être une pratique courante. Dans un souci de transparence et de responsabilité, tous les groupes de travail du G20 devraient publier les comptes rendus et les ordres du jour de leurs réunions. Et ils devraient systématiquement consulter la société civile afin que nous puissions apporter notre contribution aux projets de textes qu’ils prévoient d’adopter, et suggérer les sujets clés sur lesquels le G20 devrait se concentrer.

    Qu’est-ce qui a changé en termes de participation de la société civile lorsque la présidence du G20 est passée à l’Arabie saoudite ?

    Malgré ses limites et son faible engagement avec la société civile, le G20 a été un espace pertinent pour faire part de nos préoccupations directement aux gouvernements et plaider pour s’attaquer aux problèmes les plus critiques auxquels nous sommes confrontés. Malheureusement, en 2020, l’espace d’engagement de la société civile s’est considérablement réduit lorsque la présidence du G20 et de tous ses groupes d’engagement, y compris le C20, est passée à l’Arabie saoudite - une décision prise par les gouvernements du G20 en 2017 à Hambourg, en Allemagne.

    L’Arabie saoudite est un État qui n’offre pratiquement aucun espace à la société civile et où les voix indépendantes de la société civile ne sont pas tolérées. Il réprime systématiquement les critiques des médias, arrête et poursuit régulièrement les défenseurs des droits humains, censure la liberté d’expression, limite la liberté de circulation et torture et maltraite les journalistes et les activistes détenus. Cela rend la participation de la société civile problématique.

    En outre, les principes du C20 mettent l’accent sur une série d’éléments que la présidence saoudienne n’est pas en mesure de fournir, tels que l’inclusion d’une variété d’acteurs de la société civile véritablement indépendants, du niveau local au niveau mondial, la transparence des procédures de prise de décision et les valeurs directrices des droits humains, de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes. En participant à l’espace très limité que le gouvernement saoudien serait en mesure de fournir, nous ne ferions que contribuer à blanchir la réputation internationale de l’Arabie saoudite. Le gouvernement saoudien a déjà recruté de coûteux conseillers en relations publiques occidentauxet dépensé des millions de dollarspour polir son image ternie. 

    En réponse, un nombre impressionnant d’OSC du monde entier ont uni leurs voixet décidé de boycotter le C20 accueilli par l’Arabie saoudite cette année. Transparency International se réjouit d’être à nouveau pleinement engagée dans le processus du C20 l’année prochaine, lorsque la présidence sera transmise à l’Italie.

    L’espace civique de l’Arabie saoudite est classé « fermé » par leCIVICUS Monitor.
    Contactez Transparency International via sonsite web ou sa pageFacebook, et suivez@anticorruption et@meberazategui sur Twitter. 

     

  • G20: ‘Civil society is treated as a second-class partner; its recommendations often go unheard’

    CIVICUS speaks with María Emilia Berazategui, Transparency International’s Global Advocacy Coordinator, about the role of civil society in international and inter-governmental forums and the degree to which it can influence decision-making processes, and the successes achieved and challenges encountered in 2019 by the C20, the engagement group for civil society within the G20. Before joining Transparency International, María Emilia led the area of Political Institutions and Government at an Argentine civil society organisation, Poder Ciudadano. In 2018 she was appointed C20 Sherpa under the presidency of Argentina. In 2017 and 2019 she was a member of the C20 Steering Committee, and in 2018 and 2019 she was the co-Chair of the C20 Anti-Corruption Working Group.

    Emilia Berazategui 

    What is the C20, and why does it matter?

    The C20 (Civil-20) is one of the G20’s official engagement groups, and it the natural space for civil society organisations (CSOs) to advocate at the G20 level.

    There are two additional ways in which CSOs can participate in G20 processes: by attending the G20 Working Group meetings, as guests, to present thematic recommendations, and by being present at the G20 International Media Center when summits take place, which allows them to engage directly with the media covering the G20 summit and disseminate their messaging around key themes.

    The C20 is a global civil society space, without a permanent structure and with a presidency that rotates annually, in line with that of the G20, for CSOs from all over the world – from grassroots and local groups to large international CSOs – to influence the G20 collectively. According to the recently adopted C20 Principles, its aim is to ensure that world leaders listen not only to voices representing the government and business sectors, but also to the proposals and demands of civil society, and that they are guided by the core values of human rights, inclusion and sustainable development.

    Civil society engagement with the G20 matters because we are only 10 years away from the 2030 deadline to achieve the Sustainable Development Goals, and the gap between the actions taken by governments and the measures that need to be taken to achieve them is immense. Most of the challenges we face – political polarisation and extremism, human rights abuses and civic space restrictions, extreme inequality, systemic corruption, gender disparities and gender-based violence, intersectional discrimination, the lack of decent employment, the health crisis and the negative impact of digitalisation and technology in our lives – not only remain unanswered but continue to deepen.

    Governments and multilateral institutions have a central role to play in finding shared solutions to common challenges. World leaders need to come together urgently to find those solutions, and despite all of its challenges, the G20 is one of the few spaces that provides them with the opportunity to do so.

    Sadly, in the last few years we have seen little evidence of any real progress from G20 leaders. Commitments are made in front of the world’s media but are quickly forgotten and rarely implemented once they return home. A recent report by Transparency International exposing issues of money laundering and anonymous company ownership found deeply troubling weaknesses in almost all G20 countries.

    What can civil society contribute?

    Civil society engagement with the G20 can help because civil society brings a set of unique skills to the table.

    First, in trying to make sure that policy outcomes serve the common good, we hold governments accountable. So when governments commit to something, we will hold them to their promises. Sometimes they resist, but other times we succeed in strengthening champions inside governments who really want to get things done.

    Second, we contribute our expertise. Civil society groups are not just watchdogs. We are innovators, technologists, researchers and policy experts who can help support policy implementation to achieve the best possible results. Civil society can also contribute to increased transparency and the credible evaluation of outcomes.

    Third, civil society functions as a bridge, helping translate technical jargon into language people actually use, explaining what change means and bringing citizens’ perspectives back to decision-makers. Governments should talk to civil society about their plans so we can provide feedback on how those plans will impact on people.

    Last but not least, civil society provides much-needed balance. One of the greatest weaknesses of the G20 is the lack of openness to having civil society represented at the same table where business interests sit. This raises the question of whether the G20 values the interests of corporations more than those of citizens. This certainly does nothing for trust, and it shows why people around the world believe that governments are too close to business or only act for the benefit of a few private interests.

    How much space do international forums such as the G20 offer for civil society to influence policy-making in reality?

    The G20 is often described as elitist, as a group of economic powerhouses – although not all the largest economies take part in it – trying to rewrite the rules of global economic governance, operating largely behind closed doors in an opaque way. It’s no wonder that many in civil society instinctively feel that we should oppose the G20 rather than engage with it.

    The G20 invites a variety of guests to take part in its meetings, including representatives from different regional groupings, guest states and international organisations. However, its record of speaking to citizen groups and civil society is mixed at best. Despite all that we have to offer, we do not sit at the same table; we are treated as second-class partners and our recommendations and ideas on important issues often go unheard.

    Experiences vary widely across the various working groups that comprise the G20. For instance, despite all the knowledge that civil society has on financial issues, the G20 International Financial Architecture Working Group has systematically closed its doors to civil society participation. On the other hand, we are lucky to have a standing item on the agenda of the Anti-Corruption Working Group, in which governments speak to business and civil society on the same footing. Still, while we appreciate this, we think that both this working group and the G20, in general, need to improve their engagement with civil society significantly.

    Despite all these limitations and challenges, during 2019, when the G20 presidency was in the hands of Japan, civil society managed to influence the G20 in some areas including the protection of whistleblowers, making infrastructure spending more transparent and on gender and corruption.

    In 2019, the G20 Anti-Corruption Working Group adopted two important documents: the High-Level Principles for the Effective Protection of Whistleblowers, which was much in line with civil society’s recommendations and included an unprecedented recognition by the G20 of the gender-specific aspects of whistleblowing, and a Compendium of Good Practices for Promoting Integrity and Transparency in Infrastructure Development, also aligned with civil society recommendations.

    Through the Compendium, the G20 also recognised that transparency regarding who the ultimate owners of companies are is critical to the fight against corruption. In line with civil society suggestions, they recommended implementing company beneficial ownership registers to reduce the possibility of public funds being used to favour specific individuals or companies, and to identify conflicts of interest.

    Overall, what would you say were the main successes of civil society engagement with the G20 during 2019?

    In one word, the main success of civil society engagement during 2019 was its continuity. Civil society was able to maintain a similar degree of engagement with the G20 as it had in 2018, when Argentina chaired the G20. In 2018, and for a short period of time, civil society won access to some G20 Working Group meetings, although unfortunately, not to the working groups that are part of the so-called G20 Finance Track, and to the G20 Media Center. This allowed civil society to access, for the first time ever, some sessions that used to be held behind closed doors. In addition, we got G20 local representatives, including the G20 Sherpa, to attend the C20 in-person meetings.

    Civil society's 2018 call for G20 delegates to move from words to action passed from Argentina to Japan. This had an echo on social media, through the hashtag #G20takeaction. In order to continue strengthening civil society participation and ensure an increasing impact within the G20, in 2019 the C20 agreed a set of principles that enshrined transparency, collaboration, independence, internationalism, inclusiveness and respect for human rights and gender equality as central pillars of the engagement group’s practice. This was a very important milestone in the C20’s history.

    And what were the challenges and what needs to improve?

    Despite these successes, there is an urgent need for the G20 to change the way it engages with civil society. At the G20, governments discuss policies that have a huge impact on our lives. As civil society, we should be allowed to bring to the table the voices of citizens, real and diverse. These are the people who will be affected by the public policies promoted in this forum.

    The few times we have managed to gain access to G20 meetings, the experience has usually not been positive. We make great efforts to be there. After finding the resources and traveling many hours, we wait – sometimes for a very long time – outside the meeting room until they finally let us in. Once inside, we  share our ideas and recommendations as quickly as possible in order to ensure there is time for dialogue with the delegations, which itself is rarely an open and honest conversation. After a short while, we are diplomatically ushered out of the room so that, having ticked the civil society participation box, negotiations can continue.

    The G20 still has a long way to go to ensure effective civil society participation. G20 leaders need to stop thinking that inviting civil society representatives to a couple of meetings amounts to the fulfillment of their obligation to consult widely and open themselves to scrutiny. They need to acknowledge the unique skills that civil society brings to the table and move towards more meaningful and sustained engagement with civil society.

    They can do this in many ways. First, they can, and should, invite civil society as well as business representatives to additional sections of various Working Group meetings, to provide insights and guidance on a thematic basis, and not just during a single, short session dedicated to listening to all of our concerns. Additionally, they should share the agenda of those meetings with us. It may sound crazy, but more often than not we are invited and go to meetings without knowing what is being discussed, so we are not necessarily sending the most appropriate person or preparing the most relevant or detailed contribution.

    Second, the G20 delegates should consistently meet with domestic civil society throughout the year, both prior to and after G20 Working Group meetings. This already happens in some G20 countries but not all of them.

    Third, G20 representatives need to be more open and honest in their exchanges with civil society. When G20 delegates speak to civil society, mostly they only share limited information on what they are doing to address major global challenges, which sometimes simply amounts to propaganda. How about they asked us what we want to discuss and what information we’d like to receive? Or how about they provide honest and direct feedback on the proposals and recommendations we shared with them?

    G20 leaders seem to be unaware that good communication and access to information are key. There is no permanent G20 website. Instead, every presidency establishes its own, which isn’t updated afterwards. The digital landscape is littered with redundant G20 websites. This makes documents hard to find for civil society, media and researchers seeking to inform themselves about G20 activities. In 2017, when Germany chaired the G20, the German government took an excellent initiative: it compiled all existing anti-corruption commitments in one location. This should be normal practice. For transparency and accountability, all G20 Working Groups should publish minutes and agendas of their meetings. And they should systematically consult with civil society so we provide an input into the draft documents they are planning to adopt and suggest key topics the G20 should focus on.

    What changed in terms of civil society engagement when the G20 presidency passed on to Saudi Arabia for 2020?

    Despite its limitations and weak engagement with civil society, the G20 has been a relevant space to bring our concerns directly to governments and advocate with them to tackle the most critical issues we face. Unfortunately, in 2020 the space for civil society engagement became significantly reduced when the presidency of the G20 and all its Engagement Groups, including the C20, passed to Saudi Arabia – a decision taken by G20 governments in 2017 in Hamburg, Germany.

    Saudi Arabia is a state that provides virtually no space for civil society and where independent civil society voices are not tolerated. It systematically suppresses criticism from the media, regularly arrests and prosecutes human rights defenders, censors free speech, limits free movement and tortures and mistreats detained journalists and activists. This makes civil society participation ethically dubious.

    In addition, the C20 principles emphasise a series of elements that the Saudi presidency is unable to provide, such as inclusion of a variety of truly independent civil society actors, from local to global, the transparency of decision-making procedures and the guiding values of human rights, gender equality and women’s empowerment. By participating in the very limited space that the Saudi government would be able to provide, we would only help launder Saudi Arabia’s international reputation. The Saudi government has already recruited expensive Western public relations advisors and spent millions of dollars to polish its tarnished image.

    In response, an overwhelming number of CSOs from all over the world have joined their voices together and decided to boycott the C20 hosted by Saudi Arabia this year. At Transparency International we are looking forward to re-engaging fully with the C20 process next year, when the presidency will pass to Italy.

    Civic space in Saudi Arabia is rated as ‘closed’ by theCIVICUS Monitor.
    Get in touch with Transparency International through itswebsite andFacebook page, and follow@anticorruption and@meberazategui on Twitter.

     

     

  • G20: ‘El activismo global debe reconectarse con las experiencias reales de la gente en los territorios’

    Corina Rodriguez EnriquezEn diciembre de 2018 miles de personas marcharon contra las políticas neoliberales en Buenos Aires, Argentina, mientras se celebraba la Cumbre de Jefes de Estado del G20. Tanto durante la cumbre como en el proceso que la antecedió, la sociedad civil argentina, latinoamericana y global hizo uso tanto de los espacios institucionales de participación como de acciones autónomas y protestas callejeras para hacer oír su descontento.CIVICUSconversa sobre las acciones en torno del G20 con Corina Rodríguez Enríquez, economista e investigadora argentina e integrante delComité Ejecutivo de Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN), una red de feministas del sur global que trabaja por la justicia económica, ecológica y de género, así como por el desarrollo democrático ysostenible.

    ¿Quiénes salieron a protestar contra la cumbre del G20 en Argentina, y qué tácticas utilizaron?

    Las acciones de protesta callejera durante el G20 no fueron un evento aislado, sino que estuvieron en continuidad con las reacciones que generó la reunión de la Organización Mundial de Comercio (OMC) que también se realizó en Argentina el año anterior. No se organizaron específicamente ante el G20 sino que son parte de un proceso de resistencia más amplio protagonizado por una articulación de organizaciones sociales que lleva la voz contra el proceso de globalización financiera. Yo formo parte de una organización feminista del sur global, DAWN, y por lo tanto estuve involucrada sobre todo en el trabajo desde lo que llamamos el Foro Feminista, un subgrupo dentro de esta articulación de organizaciones. Lo que se organizó en ocasión del G20 fue muy similar a lo que se había hecho ante la OMC, una semana de acciones que inicialmente se pensaron como acciones ante al G20 pero terminaron siendo acciones contra el G20. Hubo distintas clases de acciones e intervenciones. Desde el Foro Feminista aprovechamos el contexto para tener una jornada específica de formación en economía feminista, así que entre otras cosas DAWN lideró la Escuela de Economía Feminista. Hubo un par de días en que se organizaron jornadas de debate más académico, las cuales funcionaron en la Facultad de Ciencias Sociales de la Universidad de Buenos Aires. Hubo mesas sobre los diversos temas que se discuten en estos espacios multilaterales, desde extractivismo hasta economía digital. Y luego hubo un par de jornadas de acciones más callejeras: la primera fue un día completo de debates y paneles en carpas montadas en la calle, una de las cuales fue la del Foro Feminista. Allí hicimos un conversatorio, un tribunal donde se presentaron casos de violaciones de derechos humanos por parte de empresas trasnacionales, y una asamblea del Foro Feminista para discutir estrategias y perspectivas. El tribunal es una forma de manifestación pública similar a la que realiza la Alianza Global por el tratado vinculante sobre empresas transnacionales y derechos humanos: un espacio donde se expone la denuncia y se deja claramente en evidencia lo que la justicia debería hacer al respecto.

    El último día de la semana, cuando ya estaba en curso la cumbre del G20, se hizo la marcha de protesta, en un contexto bastante restrictivo, ya que el gobierno argentino, que presidía la reunión, había militarizado la ciudad de Buenos Aires y establecido una zona de exclusión, con lo cual la marcha transcurrió bastante lejos de donde se estaba haciendo la cumbre.

    En términos muy generales, las consignas de la semana de acción se centraron en la denuncia de las implicancias para los derechos humanos del tipo de políticas que promueven los gobiernos de los países que integran el G20, y fundamentalmente los efectos de las decisiones del capital concentrado y las acciones de las empresas multinacionales en los territorios. Denunciamos que la actual dinámica global conduce a un aumento escandaloso de las desigualdades y a la permanente violación de los derechos humanos, con evidencias de casos concretos, muchos de ellos vinculados a las acciones de empresas extractivas. El otro gran mensaje es el de la resistencia: tenemos que resistir colectivamente las políticas que están impulsando los países que forman el G20 y construir colectivamente otra economía y otra sociedad.

    ¿Fueron protestas de organizaciones y movimientos sociales locales, o se trató de una protesta auténticamente global?

    La resistencia es global. Si bien en el caso de Argentina la participación de organizaciones y activistas del exterior fue mayor durante la reunión de la OMC que cuando se hizo la del G20, yo lo atribuyo más bien al hecho de que el G20 involucra a menos cantidad de países. Además, el G20 no está en el radar, y por lo tanto en la agenda, de tantas organizaciones, no solo en Argentina sino también en la región y en el mundo. Pero la coalición global que se movilizó en esta oportunidad fue la misma que también sale a la calle cuando se hacen las reuniones del Fondo Monetario Internacional y el Banco Mundial, entre otros organismos rectores de las finanzas globales.

    Tanto en la reunión de la OMC como en la del G20, en las que yo pude participar porque tuvieron lugar en Argentina, hubo una presencia sobre todo argentina y latinoamericana. Entiendo que esto se explica tanto por la distancia física que nos separa del resto del mundo como por la potencia que tiene el activismo sobre estos temas en América Latina.

    Más allá de los participantes que por diversas razones hayan querido o podido estar, lo que hace global a la protesta contra el G20 es precisamente la naturaleza del blanco al que apunta. El G20 es la unión de las economías más grandes y concentradas del mundo. Contando a los países de la Unión Europea, que conjuntamente integran el G20, éste da cuenta del 85% del producto bruto mundial. Las decisiones que toman y los acuerdos a los que llegan los gobiernos de los países que lo integran afectan a todo el mundo. Es natural entonces que las resistencias al G20 tengan carácter global, aunque mantengan color local y modifiquen su composición en función del lugar donde se realicen las cumbres anuales.

    En ese sentido, evidentemente no todos estamos siempre en todas partes, pero pasamos a integrar la resistencia cuando el G20 se reúne en nuestros países, y esperamos que las organizaciones y movimientos sociales de otros países lo hagan a su vez. DAWN es una organización del sur global y tiene integrantes en Argentina, de modo que era natural que nos involucráramos ante la reunión del G20 en Argentina. Pero no estamos contemplando en lo más mínimo movilizarnos el año que viene cuando el G20 se reúna en Japón. Para nosotros esta vez era fácil participar y no hacerlo hubiera sido desperdiciar la oportunidad de ser parte activa de esta coalición de resistencia de la que ya participábamos de otras maneras y en otras instancias. Nos pareció que teníamos que aprovechar que esto ocurría en Buenos Aires para que nuestra resistencia pública sirviera para informar a la ciudadanía sobre qué es el G20 y que implicancias e impactos tiene, además de contrarrestar la narrativa exitista que diseminó el gobierno argentino. Pero la acción frente al G20 no está entre nuestras prioridades estratégicas: no andamos siguiendo al G20 por el mundo. De hecho, lo de este año fue una relativa anomalía, porque hay pocos países del sur en el G20. Esperamos que el año que viene la sociedad civil japonesa tome la posta; sería natural que la resistencia contra el G20 pase a ser protagonizada por organizaciones y activistas de Asia. Si bien algunas organizaciones más grandes que están basadas en el norte tienen la posibilidad de ir a todos lados, la lógica indica que en cada caso la movilización sea sobre todo local y regional.

    Además de recurrir a la acción callejera, ¿cómo utilizaron los espacios institucionales para la participación de la sociedad civil dentro del G20?

    No todo el movimiento de resistencia contra el G20 tiene la misma posición frente a estos espacios. La postura de DAWN es aprovecharlos, y como representante de DAWN yo participé en el Observatorio de Defensoras de Derechos Humanos de las Mujeres, coordinado por Mabel Bianco, presidenta de la organización feminista argentina FEIM (Fundación para Estudio e Investigación de la Mujer). El objetivo del Observatorio era hacer, durante el año de la presidencia argentina del G20, el seguimiento del cumplimiento de los puntos del plan de implementación de acuerdos básicos aprobado por el grupo W20 (Mujeres20) en Berlín, Alemania, el año anterior. Hicimos algunas actividades locales y nacionales, produjimos policy briefs y otros materiales escritos para incidir sobre quienes iban a participar de las reuniones y negociar las declaraciones en el marco del G20. Trabajamos sobre todo con los grupos de afinidad de G20, y en particular desplegamos mucha actividad alrededor de las reuniones de los grupos de trabajo y las cumbres del C20 (el foro de sociedad civil) y el W20. También hubo participación feminista en otro grupo de afinidad, el T20 (el foro de think tanks), que tenía una task force de género.

    La participación en el W20, en particular, fue muy controvertida y trabajosa dentro del movimiento feminista, y nosotras de hecho no fuimos delegadas, aunque sí participamos desde adentro para sentar posiciones en el W20. Esto supuso muchas discusiones con compañeras que consideran que estar adentro es legitimar y convalidar. Son argumentos atendibles, pero mi conclusión después de haber estado tanto adentro como afuera es que fue un acierto que nosotras nos mantuviéramos adentro y algunas compañeras de otras organizaciones aceptaran ser delegadas, porque caso contrario la declaración del W20 hubiera sido mucho peor de lo que fue. Fue muy importante que hubiera voces feministas adentro, y esas voces fueron las nuestras, porque la persona nombrada por el gobierno argentino para liderar el W20 era una mujer de negocios con una mirada no solamente nada feminista, sino también bastante paternalista y completamente divorciada de la realidad en que vive la mayoría de las personas.

    En suma, el resultado del trabajo de estos grupos de afinidad depende en gran medida de quién los lidera, y no sorprende que haya sido mucho más productivo el trabajo en el C20, que acabó emitiendo una declaración mucho más positiva que el propio W20 en relación con los derechos de las mujeres.

    En una época de creciente nacionalismo económico y populismo de derecha, ¿cómo puede la sociedad civil ofrecer una crítica progresista del neoliberalismo globalizado que tenga eco en la ciudadanía enojada que actualmente abraza el populismo?

    Ojalá tuviera una respuesta. Creo que el activismo global, y en particular el que se despliega en estos espacios multilaterales, está fuertemente desconectado de la experiencia en los territorios. El progresismo en general tiene grandes dificultades para entender las experiencias y las opciones de las personas – por ejemplo, porqué en Brasil la gente votó por Jair Bolsonaro, o porqué en Filipinas siguen apoyando a Rodrigo Duterte. Las personas que vivimos en una posición de relativo privilegio somos generalmente incapaces de imaginar cómo vive la gente en las barriadas pobres de nuestras grandes ciudades. Deberíamos hacer un esfuerzo para entender la racionalidad de una mujer con un hijo quemado por la droga que quiere que vengan los militares a sacar a los narcotraficantes a los tiros de la villa. En suma, el activismo global debe reconectarse con las experiencias reales de la gente en los territorios.

    En términos generales, el contexto actual es hostil y la prioridad es la resistencia. No creo que estemos en una etapa proactiva de construcción de alternativas, sino que el imperativo número uno es resistir y proteger los pequeños avances que se fueron consiguiendo con tanto esfuerzo a lo largo de décadas en materia de fortalecimiento de derechos e institucionalización de políticas de igualdad. Si bien en última instancia la preservación de esos avances dependerá de la construcción de una narrativa alternativa que permita poner freno a las fuerzas regresivas, lamentablemente aún no hemos llegado a ese punto. Así como estamos, el esfuerzo de construcción de una narrativa alternativa sería extremadamente superficial. El progresismo, al menos en América Latina y posiblemente también en otras latitudes donde la extrema derecha está en ascenso, necesita con urgencia hacer una autocrítica, sin la cual difícilmente pueda avanzar en ninguna dirección. Si experiencias como la del PT en Brasil, que en sus orígenes fueron tan esperanzadoras, acabaron dejando un terreno fértil para que la gente optara por alguien como Bolsonaro, el progresismo tendría mínimamente que preguntarse qué es lo que se hizo mal, como prerrequisito para poder construir una nueva narrativa progresista.

    Como feminista y latinoamericana tengo mis esperanzas cifradas en el hecho de que en la región el feminismo lleva años trabajando en el territorio y está más que nunca antes nutrido por las diversas experiencias de vida de las mujeres reales y de las personas en general. Es por eso mucho más plural y menos clasista que nunca antes. Si acaso queda un movimiento social que, en este contexto desolador, tiene un nivel de vitalidad prácticamente incomprensible, es el feminismo. Eso lo está convirtiendo en uno de los actores sociales más relevantes tanto para sostener la resistencia como para construir la alternativa.

     

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  • G20: ‘Global activism must reconnect with the real experiences of people on the ground’

    Corina Rodriguez EnriquezIn December 2018 thousands of people marched against neoliberal policies in Argentina, where the Summit of the G20 Heads of State was being held in the capital, Buenos Aires. Both during the summit and in the process leading up to it, Argentine, Latin American and global civil society worked in institutional participation spaces while organising autonomous actions and holding street protests to make their discontent heard. CIVICUS speaks about action around the G20 with Corina Rodríguez Enríquez, an Argentinian economist, researcher and member of the Executive Committee of Development Alternatives with Women for a New Era (DAWN), a network of feminists from the global south working for gender, economic and ecological justice, and for democratic and sustainable development. 

    Who came out to protest against the G20 summit in Argentina? What tactics did they use?

    Street protest during the G20 summit was not an isolated event. It has to be viewed in continuity with the reactions provoked by the meeting of the World Trade Organization (WTO) that was also held in Argentina the previous year. It was not organised specifically before the G20 but was part of a broader resistance led by coordinated social organisations that raise their voices against the process of financial globalisation. I belong to a feminist organisation of the global south, DAWN, and therefore I was involved in particular in the work done by what we call the Feminist Forum, a subgroup within this network of organisations. What we organised on the occasion of the G20 was very similar to what had been done before the WTO - a week of action that was initially thought of as action vis-a-vis the G20 but ended up being action against the G20. Various kinds of actions and interventions were staged. We at the Feminist Forum took advantage of the context to hold a specific day of training in feminist economics, so among other things DAWN led the School of Feminist Economics. There were a couple of days in which more academic debates were held, which took place at the School of Social Sciences of the University of Buenos Aires. Roundtables were organised dealing with the various topics that are discussed in these multilateral forums, from extractivism to the digital economy. And then there were a couple of days of street action: on the first full day, debates and panel discussions were held in tents pitched on the street, one of which was the Feminist Forum’s. In there we held a discussion, staged a tribunal where cases were presented of human rights violations perpetrated by transnational companies, and held a Feminist Forum meeting to discuss strategy and perspectives. Tribunals are forms of public actions similar to the ones staged by the Global Alliance for a Binding Treaty on Transnational Corporations and Human Rights: a forum where complaints are presented and it is made clear how justice should be done about it.

    On the last day of the week, when the G20 summit was already underway, we marched in protest, and we did so in a rather restrictive context, since the Argentine government, which presided over the summit, had militarised the city of Buenos Aires and established an exclusion zone, forcing the protest to remain quite far away from the summit site.

    In very general terms, the mottoes of the week of action focused on denouncing the implications for human rights of the type of policies promoted by the governments of the countries that make up the G20, and fundamentally the impacts of the decisions made by concentrated capital and the actions of multinational companies on the ground. We affirmed that current global dynamics are leading to a scandalous increase in inequalities and to the systematic violation of human rights, and provided clear evidence, mostly from cases related to the actions of extractive companies. The other overall message is one of resistance: we need collectively to resist the policies driven by G20 countries and collectively build an alternative economy and a different society.

    Were these protests by local organisations and social movements, or were they global protests?

    Resistance is global. Although in the case of Argentina there was greater participation by foreign organisations and activists during the WTO meeting than the G20 summit, I attribute this to the fact that the G20 involves fewer countries. In addition, the G20 is not on the radar, and therefore on the agenda, of that many organisations, not only in Argentina but also in the region and around the world. But the global coalition that mobilised on this occasion was the same coalition that takes to the streets during meetings of the International Monetary Fund and the World Bank, among other global finance governing bodies.

    Both during the WTO and G20 summits, both of which I was able to participate in because they were held in Argentina, there was a strong Argentine and Latin American presence. I think this can be explained by two factors: the physical distance that separates us from the rest of the world and the strength that activism around these issues has in Latin America.

    Regardless of which activists were for whatever reason able or willing to attend, what makes protest against the G20 global is precisely the nature of its target. The G20 includes the largest and most concentrated economies in the world. Including the countries that form the European Union, which are collectively a member of the G20, it accounts for 85 per cent of the world’s gross product. The decisions made and agreements reached by the governments of its member countries affect the entire world. It is therefore only natural for resistance against the G20 to have a global character, even though it takes its local colour and its composition varies according to where the annual summits are held.

    In that sense, even though obviously not all of us are always everywhere, we become part of the resistance when the G20 meets in our country, and we hope that the organisations and social movements of other countries will do the same when their turn comes. DAWN is an organisation of the global south and has members in Argentina, so it was only natural for us to get involved when the G20 meetings were held in Argentina. But we are not in the least contemplating mobilising next year as the G20 gathers in Japan. This time around it was easy for us to participate, and not doing so would have been a wasted opportunity to be an active part of this resistance coalition in which we had already been taking part in other ways and on other occasions. We thought we needed to take advantage of the fact that this was happening in Buenos Aires so that our public resistance would serve to inform citizens about what the G20 is and what its implications and impacts are, as well as countering the narrative of success disseminated by the Argentine government. But action against the G20 is not among our strategic priorities: we will not be following the G20 around the world. In fact, this year's summit was a relative anomaly, because few countries of the global south are members of the G20. We hope that next year Japanese civil society will take over; it would only be natural for resistance against the G20 to be led by Asian organisations and activists. While some larger organisations are based in the global north and have the means to go everywhere, logic indicates that in each case mobilisation will be primarily local and regional.

    In addition to resorting to street action, how did you take advantage of institutional spaces for civil society participation within the G20?

    Members of the resistance movement against the G20 don’t have a unified position regarding those spaces. DAWN's decision is to take advantage of them, and as a representative of DAWN I participated in the Observatory of Women’s Rights Human Rights Defenders, which was led by Mabel Bianco, president of the feminist organisation Foundation for Studies and Research on Women (FEIM). Throughout the year when the government of Argentina presided over the G20, the aim of the Observatory was to monitor compliance with the implementation plan for the basic agreement points approved the previous year by the W20 (Women20) group in Berlin, Germany. We held some local and national-level activities and produced policy briefs and other written materials to influence those who would participate in the meetings and negotiate the G20 statements. We mainly worked with the G20 affinity groups, and in particular we deployed a lot of activity around the meetings of the working groups and summits of the C20 (the civil society meeting) and W20. There was also feminist participation in a third affinity group, the T20 (of think tanks), which included a gender taskforce.

    Participation in the W20 in particular was very controversial within the feminist movement, and it was hard. We did not attend as delegates, although we did participate from within to set our positions in the W20. This provoked many discussions with colleagues who believed that inside participation has a legitimising and validating effect. These are worthy arguments, but my conclusion after having been both inside and outside these spaces is that it was a good idea for us to stay within and for some colleagues of other organisations to accept the role of delegates, because otherwise the W20 statement would have been much worse than it actually was. It was very important that there were feminist voices in there, and that those voices were ours, because the person that the Argentine government appointed to lead the W20 was a businesswoman with a perspective that was not only not in the least feminist, but also quite paternalistic and completely divorced from the reality in which most people live.

    In sum, the result of the work of these affinity groups depends largely on who leads them, and it was not surprising that work was much more productive within the C20, which eventually issued a much better statement regarding women’s rights than the W20 itself.

    At a time of rising economic nationalism and right-wing populism, how can civil society offer a progressive critique of globalised neoliberalism that resonates with the angry citizens currently embracing populism?

    I wish I had an answer to that. I think global activism, and particularly the kind that unfolds in these multilateral spaces, is strongly disconnected from people’s experiences on the ground. Generally speaking, progressives have great difficulties in understanding people's experiences and choices, such as why people in Brazil voted for Jair Bolsonaro, or why people in the Philippines continue to support Rodrigo Duterte. People who live in a position of relative privilege are usually unable to imagine how people live in the slums of our metropolis. We should make an effort to understand the mentality of a woman whose son is being killed by drugs and wants the military to come in and take drug traffickers out. In short, global activism must reconnect with the real experiences of people on the ground.

    Generally speaking, the current environment is hostile and resistance is the priority. I do not think we are yet at a proactive stage in which alternatives are built; our number one imperative is to resist and protect the small achievements that we secured through so much effort over decades and that have strengthened rights and institutionalised equality policies. Although in the final analysis the preservation of these achievements will depend on whether an alternative narrative is built that allows us to bring regressive forces to a halt, unfortunately we have not yet reached that point. As we are now, any effort to build an alternative narrative would be extremely superficial. Progressive movements, at least in Latin America, and possibly elsewhere where the extreme right is on the rise, urgently need to do a critical self-assessment, without which they will hardly be able to move in any direction. Given experiences like those of the Workers’ Party in Brazil, which initially inspired so much hope but ended up creating fertile ground for people to turn to someone like Jair Bolsonaro, progressives should at least wonder what was done wrong, as a prerequisite for putting together a new progressive narrative.

    As a feminist and a Latin American woman, I have my hopes set on the fact that in our region feminism has been working on the ground for years and, as a result, today more than ever it is nourished by the diverse life experiences of real women, and of people more generally. That is why it is much more plural and less class-biased than ever before. If there is one social movement that still has a vitality that is practically incomprehensible in this bleak context, it is feminism. That is turning it into one of the most relevant social actors both to sustain resistance and to build an alternative.

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  • G20: “La sociedad civil es tratada como un socio de segunda clase y a menudo no es escuchada”

    Emilia BerazateguiCIVICUS conversa con María Emilia Berazategui, Coordinadora Global de Incidencia Política de Transparencia International, acerca del rol de la sociedad civil en los foros internacionales e intergubernamentales y el grado en que puede influir en los procesos de toma de decisiones, así como sobre los éxitos conseguidos y los desafíos encontrados en 2019 por el C20, el foro de sociedad civil dentro del G20. Antes de incorporarse a Transparencia Internacional, María Emilia lideró el área de Instituciones Políticas y Gobierno en la organización de la sociedad civil (OSC) argentina Poder Ciudadano. En 2018 fue nombrada Sherpa del C20 bajo la presidencia de Argentina. En 2017 y 2019 fue miembro del Comité Directivo del C20, y en 2018 y 2019 fue copresidenta del Grupo de Trabajo sobre Anticorrupción del C20.

    ¿Qué es el C20, y por qué es importante?

    El C20 (Civil-20) es uno de los grupos de afinidad oficiales del G20, y es el espacio natural para que las OSC hagan incidencia a nivel del G20.

    Hay otras dos formas en que las OSC pueden participar en los procesos del G20: asistiendo a las reuniones del Grupo de Trabajo del G20, como invitadas, para presentar recomendaciones temáticas, y a través de su presencia en el Centro Internacional de Medios de Comunicación del G20 durante las cumbres, lo que les permite relacionarse directamente con los medios de comunicación que cubren la cumbre del G20 y difundir sus mensajes en torno a temas clave.

    El C20 es un espacio global de la sociedad civil, sin estructura permanente y con una presidencia que rota anualmente, en consonancia con la del G20, para que las OSC de todo el mundo -desde grupos locales y de base hasta grandes OSC internacionales- influyan colectivamente en el G20. Según los recientemente adoptados Principios del C20, su objetivo es garantizar que los líderes mundiales escuchen no solo las voces que representan a los sectores gubernamental y empresarial, sino también las propuestas y demandas de la sociedad civil, y que se guíen por los valores fundamentales de los derechos humanos, la inclusión y el desarrollo sostenible.

    El trabajo de la sociedad civil en el G20 es importante porque estamos a apenas 10 años de la fecha límite de 2030 para alcanzar los Objetivos de Desarrollo Sostenible, y la brecha entre las acciones emprendidas por los gobiernos y las medidas que deben tomarse para alcanzarlos es inmensa. La mayoría de los desafíos que enfrentamos -la polarización política y el extremismo, los abusos de derechos humanos y las restricciones del espacio cívico, la desigualdad extrema, la corrupción sistémica, las disparidades de género y la violencia de género, la discriminación interseccional, la falta de empleo digno, la crisis sanitaria y el impacto negativo de la digitalización y la tecnología sobre nuestras vidas- no solamente siguen sin respuesta, sino que continúan profundizándose.

    Los gobiernos y las instituciones multilaterales tienen un rol fundamental que desempeñar en la búsqueda de soluciones compartidas para los desafíos comunes. Los líderes mundiales deben reunirse urgentemente para encontrar esas soluciones y, a pesar de todos sus déficits, el G20 es uno de los pocos espacios que les brinda la oportunidad de hacerlo.

    Lamentablemente, en los últimos años hemos visto pocas pruebas de un progreso real por parte de los líderes del G20. Los compromisos se hacen frente a los medios de comunicación del mundo, pero se olvidan rápidamente y rara vez se ponen en práctica una vez que cada uno regresa a su casa. Un reciente informe de Transparencia Internacional que expone los problemas del lavado de dinero y la propiedad anónima de las empresas encontró debilidades profundamente preocupantes en casi todos los países del G20.

    ¿Qué puede aportar la sociedad civil?

    El trabajo de la sociedad civil en el G20 puede ayudar porque la sociedad civil aporta un conjunto de capacidades únicas.

    En primer lugar, al buscar que los resultados de las políticas sirvan al bien común, hacemos que los gobiernos rindan cuentas. Así que cuando los gobiernos se comprometen a algo, les hacemos cumplir sus promesas. A veces se resisten, pero otras veces conseguimos fortalecer a actores dentro de los gobiernos que realmente quieren hacer cosas.

    En segundo lugar, aportamos nuestra experiencia. Los grupos de sociedad civil no son solamente perros guardianes. Somos innovadores, tecnólogos, investigadores y expertos en políticas públicas y podemos contribuir a la implementación de las políticas para conseguir los mejores resultados posibles. La sociedad civil también puede contribuir a una mayor transparencia y a una evaluación creíble de sus resultados.

    En tercer lugar, la sociedad civil funciona como un puente, ayudando a traducir la jerga técnica en el lenguaje que habla la gente común, explicando en qué consiste el cambio deseado y acercando las perspectivas de la ciudadanía a los responsables de la toma de decisiones. Los gobiernos deben compartir sus planes con la sociedad civil, para que podamos dar nuestra opinión sobre el impacto que esos planes tendrán sobre la gente.

    Por último, pero no por ello menos importante, la sociedad civil aporta un equilibrio muy necesario. Una de las mayores debilidades del G20 es la falta de apertura a la representación de la sociedad civil en la misma mesa donde se sientan los intereses empresariales. Esto plantea la cuestión de si el G20 valora más los intereses de las empresas que los de los y las ciudadanas. Sin duda, esto no favorece la confianza, y explica por qué en todo el mundo la gente cree que los gobiernos están demasiado cerca de las empresas o que solamente actúan en beneficio de unos pocos intereses privados.

    ¿Qué espacio ofrecen foros internacionales como el G20 para que la sociedad civil ejerza influencia real sobre la elaboración de las políticas?

    El G20 es a menudo descripto como elitista, como un grupo de potencias económicas -aunque no todas las mayores economías participan en él- que intenta reescribir las reglas de la gobernanza económica mundial, operando en gran medida a puertas cerradas y de forma opaca. No es de extrañar que muchos miembros de la sociedad civil sientan instintivamente que debemos oponernos al G20 en lugar de involucrarnos en él.

    El G20 invita a participar en sus reuniones a una gran variedad de invitados, entre los que se cuentan representantes de diferentes grupos regionales, Estados invitados y organizaciones internacionales. Sin embargo, su historial de conversaciones con grupos de ciudadanos y con la sociedad civil es, en el mejor de los casos, desparejo. A pesar de todo lo que podemos ofrecer, no nos sentamos a la misma mesa; se nos trata como socios de segunda clase y nuestras recomendaciones e ideas sobre cuestiones importantes a menudo no son escuchadas.

    Las experiencias varían mucho entre los distintos grupos de trabajo que componen el G20. Por ejemplo, a pesar de todos los conocimientos que tiene la sociedad civil sobre cuestiones financieras, el Grupo de Trabajo sobre Arquitectura Financiera Internacional del G20 ha cerrado sistemáticamente sus puertas a la participación de la sociedad civil. Por otro lado, tenemos la suerte de contar con un ítem permanente en el orden del día del Grupo de Trabajo Anticorrupción, donde los gobiernos hablan con las empresas y la sociedad civil en igualdad de condiciones. Sin embargo, aunque apreciamos esto, creemos que tanto este grupo de trabajo como el G20 en general necesitan mejorar significativamente su relación con la sociedad civil.

    A pesar de todas estas limitaciones y desafíos, durante 2019, cuando la presidencia del G20 estuvo en manos de Japón, la sociedad civil consiguió influir en el G20 en algunas áreas, tales como la protección de denunciantes, la transparencia del gasto en infraestructura y la relación entre género y corrupción.

    En 2019, el Grupo de Trabajo Anticorrupción del G20 adoptó dos documentos importantes: los Principios de Alto Nivel para la Protección Eficaz de Denunciantes, que estuvieron muy en línea con las recomendaciones de la sociedad civil e incluyeron un reconocimiento sin precedentes por parte del G20 de los aspectos específicos de género de la denuncia de irregularidades, y un Compendio de Buenas Prácticas para Promover la Integridad y la Transparencia en el Desarrollo de Infraestructura, también alineado con las recomendaciones de la sociedad civil.

    A través del Compendio, el G20 también reconoció que la transparencia respecto de quiénes son los propietarios últimos de las empresas es fundamental para la lucha contra la corrupción. En consonancia con las sugerencias de la sociedad civil, recomendaron la creación de registros de propiedad efectiva de las empresas para reducir la posibilidad de que los fondos públicos sean utilizados para favorecer a determinadas personas o empresas, y para identificar los conflictos de intereses.

    En general, ¿cuáles diría que fueron los principales éxitos obtenidos por la sociedad civil en el G20 durante 2019?

    En una palabra, el principal éxito del trabajo de la sociedad civil durante 2019 fue garantizar su continuidad. La sociedad civil pudo mantener un grado de involucramiento con el G20 similar al que tuvo en 2018, cuando el G20 fue presidido por Argentina. En 2018, y por un corto período de tiempo, la sociedad civil ganó acceso a algunas reuniones del Grupo de Trabajo del G20, aunque lamentablemente no a los grupos de trabajo que forman parte del llamado G20 Finance Track, así como al Centro de Comunicaciones del G20. Esto permitió a la sociedad civil acceder, por primera vez, a algunas sesiones que solían celebrarse a puertas cerradas. Además, conseguimos que los representantes locales del G20, incluido el sherpa, asistieran a las reuniones presenciales del C20.

    El llamamiento que en 2018 la sociedad civil hizo a los delegados del G20 para que pasen de las palabras a la acción se desplazó de Argentina a Japón. Tuvo eco en las redes sociales, a través del hashtag #G20takeaction. Para seguir fortaleciendo la participación de la sociedad civil y garantizar un impacto cada vez mayor dentro del G20, en 2019 el C20 acordó un conjunto de principios que consagran la transparencia, la colaboración, la independencia, el internacionalismo, la inclusión y el respeto de los derechos humanos y la igualdad de género como pilares centrales de la práctica del grupo de afinidad. Este fue un hito muy importante en la historia del C20.

    ¿Cuáles han sido los desafíos, y qué es lo que hay que mejorar?

    A pesar de estos éxitos, es urgente que el G20 cambie su forma de relacionarse con la sociedad civil. En el G20, los gobiernos discuten políticas que tienen un gran impacto sobre nuestras vidas. En tanto que sociedad civil, se nos debe permitir poner sobre la mesa las voces reales y diversas de los y las ciudadanas. Ellas son las personas que se verán afectadas por las políticas públicas promovidas en este foro.

    Las pocas veces que hemos conseguido acceder a las reuniones del G20, la experiencia no ha sido positiva. Hacemos grandes esfuerzos para estar allí. Tras buscar los recursos y viajar muchas horas, esperamos -a veces durante mucho tiempo- fuera de la sala de reuniones hasta que finalmente nos dejan entrar. Una vez dentro, compartimos nuestras ideas y recomendaciones lo más rápidamente posible para que haya tiempo para el diálogo con las delegaciones, aunque en realidad no suele tratarse de una conversación abierta y honesta. Al cabo de un rato, nos sacan diplomáticamente de la sala para que, ya marcada la casilla de participación de la sociedad civil, las negociaciones puedan continuar.

    El G20 todavía tiene un largo camino que recorrer para garantizar la participación efectiva de la sociedad civil. Los líderes del G20 deben dejar de pensar que invitar a representantes de la sociedad civil a un par de reuniones equivale a cumplir con su obligación de consultar ampliamente y abrirse al escrutinio. Deben reconocer las capacidades únicas que aporta la sociedad civil y avanzar hacia una vinculación más significativa y sostenida con la sociedad civil.

    Pueden hacerlo de muchas maneras. En primer lugar, pueden, y deben, invitar a la sociedad civil y a los representantes de las empresas a secciones adicionales de las distintas reuniones del Grupo de Trabajo, para que aporten sus puntos de vista y perspectivas en relación con cada tema, y no solamente durante una única y breve sesión dedicada a escuchar todas nuestras preocupaciones. Además, deberían compartir con nosotros el orden del día de esas reuniones. Puede parecer una locura, pero la mayoría de las veces nos invitan y acudimos a las reuniones sin saber lo que se va a debatir, por lo que no necesariamente estamos enviando a la persona más adecuada o preparando la contribución más relevante o detallada.

    En segundo lugar, los delegados del G20 deberían reunirse sistemáticamente con la sociedad civil nacional a lo largo del año, tanto antes como después de las reuniones del Grupo de Trabajo del G20. Esto ya está ocurriendo en algunos países del G20, pero no en todos.

    En tercer lugar, los representantes del G20 deben ser más abiertos y honestos en sus intercambios con la sociedad civil. Cuando los delegados del G20 hablan con la sociedad civil, la mayoría de las veces solamente comparten información limitada sobre lo que están haciendo para abordar los principales desafíos globales, lo cual a veces no es más que propaganda. ¿Qué tal si nos preguntan de qué queremos hablar y qué información nos gustaría recibir? ¿Y qué tal si nos dan una respuesta honesta y directa en relación con las propuestas y recomendaciones que compartimos con ellos?

    Los líderes del G20 parecen no ser conscientes de que una buena comunicación y el acceso a la información son fundamentales. No existe un sitio web permanente del G20. En su lugar, cada presidencia establece un sitio nuevo, que después queda desactualizado. El espacio virtual está plagado de sitios web obsoletos del G20. Esto hace que a la sociedad civil, a los medios de comunicación ya los investigadores que buscan informarse sobre las actividades del G20 les resulte difícil encontrar lo que buscan. En 2017, cuando Alemania presidió el G20, el gobierno alemán tomó una excelente iniciativa: recopiló en un solo lugar todos los compromisos anticorrupción existentes. Esto debería ser una práctica habitual. En aras de la transparencia y la rendición de cuentas, todos los grupos de trabajo del G20 deberían publicar las actas y agendas de sus reuniones. Y deberían consultar sistemáticamente a la sociedad civil para que podamos hacer aportes a los borradores de los documentos que planean adoptar y sugerir temas clave en los que debería centrarse el G20.

    ¿Qué cambió en cuanto a la participación de la sociedad civil cuando la presidencia del G20 pasó a Arabia Saudita?

    A pesar de sus limitaciones y de su escasa vinculación con la sociedad civil, el G20 ha sido un espacio relevante para hacer llegar nuestras preocupaciones directamente a los gobiernos y abogar ante ellos para que aborden los problemas más críticos que enfrentamos. Lamentablemente, en 2020 el espacio para la participación de la sociedad civil se redujo significativamente cuando la presidencia del G20 y de todos sus grupos de afinidad, incluido el C20, pasó a Arabia Saudita, por efecto de una decisión tomada por los gobiernos del G20 en 2017 en Hamburgo, Alemania.

    Arabia Saudita es un Estado que no ofrece prácticamente ningún espacio a la sociedad civil y donde no se toleran las voces de la sociedad civil independiente. Las críticas de los medios de comunicación son sistemáticamente reprimidas, las personas defensoras de derechos humanos son regularmente detenidas y perseguidas, la libertad de expresión es censurada, la libertad de movimiento limitada, y los periodistas y activistas detenidos son torturados y maltratados. Esto vuelve a la participación de la sociedad civil éticamente cuestionable.

    Además, los principios del C20 hacen hincapié en una serie de elementos que la presidencia saudita es incapaz de proporcionar, como la inclusión de una variedad de actores de la sociedad civil verdaderamente independientes, desde el nivel local hasta el global, la transparencia de los procedimientos de toma de decisiones y los valores rectores de los derechos humanos, la igualdad de género y el empoderamiento de las mujeres. Al participar en el limitadísimo espacio que el gobierno saudita podría ofrecer, solo contribuiríamos a lavar la reputación internacional de Arabia Saudita. El gobierno saudita ya ha contratado a costosos asesores de relaciones públicas occidentales y ha gastado millones de dólares para pulir su empañada imagen.

    En respuesta a ello, numerosas OSC de todo el mundo han unido sus voces y han decidido boicotear el C20 organizado por Arabia Saudita este año. En Transparencia Internacional estamos deseando volver a participar plenamente en el proceso del C20 el año que viene, cuando la presidencia haya pasado a manos de Italia.

    El espacio cívico de Arabia Saudita es calificado como “cerrado” por elCIVICUS Monitor.
    Póngase en contacto con Transparencia Internacional a través de susitio web o su página deFacebook, y siga a@anticorruption y a@meberazategui en Twitter. 

     

  • G20: Why civil society should be at the table

    Spanish

    by Inés M. Pousadela, Senior Research Specialist

    As the G20 – the world’s wealthiest and most powerful states – meet in Argentina throughout 2018, in preparation for their leaders’ summit in late November, the important role that civil society plays in creating healthy and peaceful societies should also be on their agenda. As the host of this year’s summit, Argentina has an opportunity to engender better understanding and recognition of why it is crucial to enable civil society’s work and open up more space for civil society in the G20 processes.

    Difficult conditions for civil society

    These are not easy times for civil society, and this should concern all of us. The difficulties that civil society is facing are similar to, and have the same roots as, those that democracy is going through.

    Read on: C-20 Argentina 2018

     

  • It's time for G20 leaders to embrace civil society

    By Cathal Gilbert 

    There is a growing list of critical problems in the G20's inbox, namely a faltering global economy, terrorist threats in a majority of G20 member states, and a patched-up climate change agreement. Solving these problems will take more than 20 heads of state and their economic ministers. The role of the private sector is widely acknowledged, but the power of civil society is often dismissed. Addressing these expensive and expansive issues requires the will and contribution of the people.

    Read on: Al Jazeera

     

  • Le G20 doit placer les droits de l'homme au cœur de sa réponse à la pandémie COVID-19

    Avec l'épidémie du COVID-19, la communauté mondiale est confrontée à l'une des crises les plus difficiles depuis des décennies. À la mi-mars 2020, plus de 200 000 personnes ont été infectées et plus de 8 000 personnes ont perdu la vie. L'impact économique commence seulement à se faire sentir et affectera probablement les moyens de subsistance de millions de personnes dans le monde. Il s'agit d'une crise mondiale qui doit être traitée par des mesures claires, justes, coordonnées et concrètes - des mesures que le G20 peut et doit mettre en œuvre.

    La réponse politique à la précédente crise financière mondiale, il y a un peu plus d'une décennie, a été largement perçue comme étant déséquilibrée et comme ayant conduit à des résultats socialement injustes, notamment l'augmentation de la pauvreté, la perte de millions d'emplois et la stagnation ou la baisse des revenus des travailleurs.

    Droits économiques et sociaux

    Tout porte à croire que le prochain ralentissement économique sera encore plus rapide et plus grave que lors de la crise précédente. Outre la crise de la santé publique, une réponse politique décisive des gouvernements sera essentielle pour assurer la sécurité sociale - y compris les indemnités maladie, les soins de santé et le congé parental.

    - à tous les membres de la société, y compris ceux qui travaillent dans des conditions précaires et qui sont les plus touchés par les nombreuses mesures de contrôle introduites jusqu'à présent. Une coopération et une assistance internationales coordonnées sont également vitales pour que les États disposant de moins de ressources soient également en mesure de réagir efficacement à la pandémie de COVID- 19.

    Dans ce contexte, nous nous félicitons de l'annonce d'un sommet virtuel extraordinaire du G20 et demandons instamment aux dirigeants du G20 d'adopter et de mettre en œuvre d'urgence des politiques et des plans concrets et mesurables afin de lutter contre la pandémie de COVID-19 dans le pays et à l'étranger, de protéger la santé des personnes et de réduire ses répercussions économiques, tout en assurant une transition juste et axée sur les droits de l'homme vers une économie sans carbone. Ces mesures doivent garantir l'accès de tous à des soins préventifs et à des traitements de bonne qualité et abordables, y compris pour les personnes les plus exposées ou les moins aptes à mettre en œuvre des mesures préventives du fait de leur pauvreté, de leur absence de domicile ou qui vivent ou travaillent dans des environnements où elles sont plus exposées au virus. Ce faisant, les dirigeants du G20 doivent garantir :

    L'accès à l'information

    Toutes les personnes et communautés touchées ont droit à des informations facilement accessibles, opportunes et significatives concernant la nature et le niveau de la menace pour la santé, les mesures possibles pour atténuer les risques, des informations d'alerte immédiate sur les conséquences futures possibles et des informations sur les efforts de réponse en cours.

    Les informations devraient être disponibles dans les langues nécessaires pour répondre aux différents besoins des personnes concernées, et par le biais de médias et dans des formats facilement compréhensibles et accessibles, afin que les personnes concernées puissent prendre des décisions en connaissance de cause et participer pleinement aux efforts de réponse.

    Comme l'a déjà reconnu le G7, l'accès du public à des informations fiables et en temps réel est essentiel pour prévenir et atténuer les crises de santé publique. Les dirigeants du G20 doivent s'engager à partager des informations en temps réel et à publier des données ventilées par sexe sur les effets du virus sur les femmes, et garantir l'accès à la protection contre la violence domestique et aux services de santé sexuelle et reproductive.

    L'espace civique et la liberté des médias

    Les droits humains des individus et la liberté des médias sont tous deux essentiels en temps de crise. Un journalisme responsable peut contribuer à stopper la propagation de la désinformation et ainsi renforcer la confiance du public dans le gouvernement, ce qui est essentiel pour réagir efficacement aux crises. La contribution et le contrôle des organisations de la société civile sont également essentiels, à la fois pour renforcer la responsabilité globale et pour améliorer la qualité et l'intégration du processus décisionnel public.

    Nous assistons déjà à des luttes internationales pour le contrôle de la théorie autour du virus, en particulier entre les deux plus grandes économies nationales du monde - les États-Unis et la Chine. Ces tentatives de "concurrence" pour la vérité doivent cesser. Il est vital que les médias, nationaux et étrangers, puissent rendre compte librement de la crise, présenter au public des faits - même si ces faits sont inconfortables pour ceux qui sont au pouvoir. Pour que des leçons puissent être tirées de cette crise et appliquées à la prévention et à l'atténuation de la prochaine, le public doit rester informé sur la vérité tout au long de la crise.

    La transparence à propos des prises de décision

    Dans un environnement de pression et d'incertitude sans précédent, il existe un risque élevé que les décisions publiques soient récupérées ou déformées par des intérêts privés pour leur propre profit. Les gouvernements doivent justifier les choix qu'ils font, à la fois pour contenir la pandémie et pour stimuler leur économie. Une urgence de santé publique ne doit pas être prise comme une occasion de contourner la responsabilité. Aujourd'hui, plus que jamais, les décisions des gouvernements doivent être "ouvertes par défaut". Comme l'a affirmé le Conseil de l'Europe, "les garanties fondamentales de la primauté du droit, la surveillance parlementaire, le contrôle judiciaire indépendant et les recours internes efficaces doivent être maintenus même pendant l'état d'urgence".

    Déjà avant la crise actuelle, il était clair que les gouvernements devaient renforcer l'équilibre des pouvoirs, limiter l'influence des gros capitaux en politique et garantir une participation large et inclusive à la prise de décision politique. Les politiques publiques et l'allocation des ressources ne doivent pas être déterminées par le pouvoir économique ou l'influence politique, mais par une consultation équitable et une allocation budgétaire impartiale. C'est pourquoi les gouvernements doivent s'attaquer de toute urgence aux circuits par lesquels les intérêts privés peuvent exercer une influence excessive sur la prise de décision publique.

    Au fil des années, les pays du G20 se sont engagés à mettre en place un large éventail de politiques, allant de la lutte contre les conflits d'intérêts à la protection des lanceurs d'alerte. Ce qu'ils n'ont pas encore fait, c'est de les mettre en œuvre de manière adéquate dans la pratique. S'ils sont mis en œuvre de manière efficace et complémentaire, les engagements existants peuvent permettre de relever de nombreux aspects du défi qu'une influence excessive posera à une réponse efficace et durable à long terme à la crise actuelle.

    En outre, les parlements, les gouvernements et les organisations internationales devraient reporter toute mesure non urgente en cours qui nécessite une consultation publique, jusqu'à ce qu'ils aient mis en place des mesures alternatives efficaces pour assurer la participation du public au processus décisionnel.

    En outre, pour éviter les abus de pouvoir, tout état d'urgence déclaré par les gouvernements nationaux devrait être limité dans sa durée et sa portée, et les pouvoirs d'urgence ne devraient être exercés qu'aux fins pour lesquelles ils ont été accordés.

    Nous appelons tous les gouvernements et les autres acteurs concernés à veiller à ce que toutes les réponses à l'épidémie de COVID-19 soient conformes au droit et aux normes internationales en matière de droits de l'homme, en tenant compte des besoins spécifiques des groupes et personnes marginalisés et des plus exposés, et à ce que les risques spécifiques en matière de droits de l'homme associés à toute réponse particulière soient pris en compte et atténués.

     

  • Open letter to the G20 Finance Ministers

    Dear G20 Finance Ministers,

    As you meet this week, we are writing to you to encourage you to take concrete actions in order to build a better future through a just recovery by investing in people and ensuring that funds being made available reach those that need them the most.

     

  • Por qué no participaremos en el proceso de la sociedad civil del G-20 en 2020

    La cumbre anual del G-20 parece a menudo una tertulia de los gobiernos más poderosos del mundo. Los líderes de 19 de las mayores economías nacionales, más la Unión Europea, se reúnen, se dan la mano delante de las cámaras y alcanzan imprecisos acuerdos, muchos de los cuales no implementan. Las cumbres llaman la atención de los medios de comunicación internacionales y, con frecuencia, de manifestantes de todo el mundo que quieren que esos gobiernos rindan cuentas.

    Menos conocido es el largo ciclo de reuniones preparatorias de la cumbre de los líderes del G-20. A pesar de las muchas limitaciones y dificultades del proceso, para muchas voces ajenas a los gobiernos –en especial los sindicatos, los grupos de defensa de derechos y la sociedad civil–, esas reuniones son oportunidades excepcionales de formular recomendaciones sobre políticas directamente a las autoridades e influir en la agenda mundial sobre asuntos que afectan a miles de millones de personas. En los últimos años incluso ha habido dentro del G-20 una serie especial de reuniones para la sociedad civil, conocidas como Civil 20 (C-20).

    Sin embargo, en 2020, las organizaciones de la sociedad civil guardaremos las distancias respecto al proceso oficial del C-20, que estará auspiciado por Arabia Saudí y tendrá lugar allí.

    El anfitrión saudí del G-20 ha intentado dar una imagen de país moderno y atractivo para los inversores extranjeros. El gobierno ha contratado los servicios de gran número de asesores occidentales sobre relaciones públicasy ha gastado millones de dólares en limpiar su imagen y eliminar las críticas en los medios de comunicación internacionales. Al mismo tiempo, internamente Arabia Saudí detiene y procesa de manera habitual a defensores y defensoras de los derechos humanos, censura la libertad de expresión, limita la libertad de circulación y tortura y somete a malos tratos a periodistas y activistas detenidos. Utiliza una imprecisa legislación antiterrorista para silenciar a quienes critican al gobierno, llegando incluso a imponer la pena de muerte. En octubre de 2018, el brutal asesinato del periodista y disidente Jamal Khashoggi en el consulado saudí en Estambul conmocionó al mundo. Las mujeres sufren discriminación sistemática en la legislación y en la práctica. Además, las defensoras de los derechos humanos que se atreven a defender los derechos de las mujeres son sometidas a persecución judicial y detención arbitraria.

    En vez de una reforma real, lo que intenta hacer el gobierno saudí es blanquear su terrible historial en materia de derechos humanos con la celebración de grandes eventos internacionales en el país. Entre ellos figuran el G-20 y, por medio de una ONG autorizada por el gobierno, el C-20. Como organizaciones de la sociedad civil presentes en la mayoría de los países del mundo (pero en absoluto en Arabia Saudí), no podemos participar en un proceso con el que se intenta dar legitimidad internacional a un Estado donde la sociedad civil no tiene prácticamente cabida ni se toleran sus voces independientes.

    En junio de 2019, el C-20 estableció un conjunto de principios, entre ellos una estructura básica y mecanismos operativos, para garantizar sus sostenibilidad y eficacia. Los principios del C-20 hacen hincapié en: la inclusión de actores diversos de la sociedad civil, abarcando desde el ámbito local hasta el mundial; la transparencia en la toma de decisiones; la libertad y la independencia frente a la influencia indebida de todo actor ajeno a la sociedad civil; la inclusividad y la diversidad, y los derechos humanos, la igualdad de género y empoderamiento de las mujeres como valores rectores. Las mayoría de estos principios no estarán presentes en 2020, y, lo que es aún más preocupante, estamos viendo ya que la presidencia saudí del G-20 los menoscaba.

    Aparte de un número simbólico de organizaciones que tratan temas considerados inofensivos por el gobierno saudí, prácticamente ningún actor de la sociedad civil del país podrá participar en el próximo C-20 de Arabia Saudí, pues las autoridades saudíes no permiten la existencia de partidos políticos, sindicatos ni grupos de derechos humanos independientes. La mayoría de los activistas de la sociedad civil progresistas están siendo juzgados o cumplen largas penas de prisión por haber expresado sus opiniones, o se han visto obligados a exiliarse para evitar la cárcel o algo aún peor. No tienen posibilidad de regresar al país, pues correrían peligro si lo hicieran. Sin estas voces críticas e independientes en el foro, la credibilidad el C-20 se ve gravemente comprometida.

    Los actores extranjeros e internacionales de la sociedad civil tendrían también grandes dificultades para participar libremente en un C-20 organizado por Arabia Saudí.

    Las leyes y políticas vigentes en el país no sólo afectan directamente a la libertad de asociación, expresión y reunión pacífica, sino que tienen también un efecto disuasorio, capaz de silenciar a determinadas categorías de activistas que, si expresaran abiertamente sus opiniones, pondrían en peligro su propia seguridad. Además, en noviembre de 2019, la agencia saudí de seguridad de Estado clasificó el feminismo y la homosexualidad como delitos. Aunque luego se rectificó el anuncio, todavía siguen encarcelados y procesados por su trabajo destacados defensores y defensoras de los derechos de las mujeres y de cuestiones de género de Arabia Saudí. Esas leyes y prácticas contradicen los principios del C-20 sobre diversidad, igualdad de género y empoderamiento de las mujeres, y reprimirían la libertad de expresión en los debates sobre los derechos de las mujeres, los derechos sexuales y reproductivos y los derechos LGBTI.

    A esta situación se suma la grave falta de libertad de prensa en Arabia Saudí. Dadas las estrictas medidas de control de los medios de comunicación, censura y vigilancia de las redes sociales, ningún debate mantenido en un C-20 dirigido por Arabia Saudí se haría jamás extensivo a la población del país en general sin las restricciones del discurso aprobado por el Estado. Incluso si tales debates fueran posibles, sin medios de comunicación libres todo debate significativo del C-20 llegaría sólo a un público limitado. Esta limitación es incompatible con los principios rectores del C-20 de inclusividad, apertura, transparencia y participación.

    En anteriores cumbres del G-20 ha habido protestas de activistas del país anfitrión y de otras partes. La libertad de reunión pacífica es un derecho, pero en un país donde toda concentración de personas, incluidas las manifestaciones pacíficas, está prohibida, es imposible que este derecho fundamental se respete.

    El proceso del C-20 dirigido por Arabia Saudí es deficiente en muchos aspectos, pero sobre todo en lo que respecta a garantizar los principios fundamentales del C-20. Incluso en esta temprana etapa del proceso del C-20 de 2020 hemos observado ya una acusada falta de transparencia por parte de los organizadores. El nombramiento de los presidentes de los grupos de trabajo y los diversos comités ha sido opaco y no consultivo, y se han tomado decisiones arbitrarias que han excluido a grupos internacionales con experiencia. El proceso del C-20 dirigido por la Fundación Rey Jalid, que está vinculada a la familia real saudí, no puede ser considerado transparente, inclusivo ni participativo, como exigen los principios del C-20.

    En un momento en que el mundo se enfrenta a una amplia variedad de desafíos, las voces independientes son más necesarias que nunca. Cuando un Estado limita el espacio civil hasta hacerlo prácticamente inexistente, no se puede confiar en que garantice las condiciones básicas necesarias para que la sociedad civil internacional intercambie ideas y colabore libremente en cualquier tema, y mucho menos en los temas que considere delicados u ofensivos.

    Aunque este año no participaremos en el C-20, nos comprometemos a hacer esfuerzos conjuntos para garantizar que en 2020 se escucha a esas voces. 

     

  • The G20 must put human rights at the heart of its response to COVID-19 pandemic

    In the COVID-19 outbreak, the global community is facing one of the most challenging crises for decades. As of mid-March 2020 more than 200,000 people have been infected and over 8,000 people have lost their lives. The economic impact is only starting to be felt, and will likely affect the livelihoods of millions worldwide. This is a global crisis that needs to be addressed with clear, fair, coordinated and concrete measures - measures that the G20 can and should implement.

    The policy response to the previous global financial crisis a little over a decade ago was widely seen to have been lopsided and to have led to socially unfair outcomes, including increasing poverty, the loss of millions of jobs, and stagnating or dropping incomes for workers.

    Economic and Social Rights

    The indicationsare that the coming economic downturn will be even swifter and more severe than in the previous crisis. In addition to dealing with the public health crisis, a decisive policy response from governments will be essential to provide social security – including sick pay, health care and parental leave

    – to all members of society, including those in insecure forms of labour who are suffering the brunt of many of the control measures introduced to date. Coordinated international cooperation and assistance is also vital to ensure that states with fewer resources are also able to respond effectively to the COVID- 19 pandemic.

    In this context, we welcome the announcementof a G20 extraordinary virtual Summit and urge G20 Leaders to urgently adopt and implement concrete and measurable policies and plans in order to tackle the COVID-19 pandemic at home and abroad, protect people’s health, and reduce its economic impacts, while ensuring a just and human rights-centred transition to a zero-carbon economy. Such measures must guarantee access for all to preventive care and good quality and affordable treatment, including those most at risk or less able to implement preventive measures through poverty, homelessness, or living and working in environments where they are more exposed to the virus. In doing so, G20 Leaders should guarantee:

    Access to information

    All affected individuals and communities are entitled to easy, accessible, timely and meaningful information concerning the nature and level of the health threat, possible measures to mitigate risks, early warning information of possible future consequences and information on ongoing response efforts.

    Information should be available in the languages necessary to meet the various needs of those affected, and through media and in formats that can be easily understood and accessed, so that those affected can take informed decisions and fully participate in the response efforts.

    As has already been recognisedby the G7, public access to reliable and real-time information is key to prevent and mitigate public health crises. G20 leaders should commit to real-time information sharing and to publish gender-disaggregated data on how the virus is impacting women,and ensure access to protection from domestic violence and to sexual and reproductive health services.

    Civic space and media freedom

    Both the human rights of individuals and media freedom are essential in times of crisis. Responsible journalism can help arrest the spread of misinformation and thereby shore up public trust in government, which is key to effective crisis responses. Input and oversight by civil society organizations is also critical, both to strengthen overall accountability and to boost the quality and inclusiveness of public decision- making.

    We are already seeing international battles for control of the narrative around the virus, in particular between the world’s two largest national economies - the USA and China. Such attempts to “compete” over the truth have to stop. It is vital that the media, domestic and foreign, are able to report freely on the crisis, to present the public with facts – even if these facts are uncomfortable to those in power. For lessons to be learned from this crisis and applied to the prevention and mitigation of the next, the public must remain informed of the truth throughout.

    Transparency around decision-making

    In an environment of unprecedented pressure and uncertainty, there is a high risk that public decisions will be captured or distorted by vested private interests for their own gain. Governments must provide reasoned justification for the choices they make, both to contain the pandemic and to boost their economies. A public health emergency should not be taken as an opportunity to bypass accountability. Now, more than ever, government decisions must be “open by default”. As the Council of Europe has affirmed,“fundamental safeguards to the rule of law, parliamentary oversight, independent judicial control, and effective domestic remedies, must be maintained even during a state of emergency.”

    Already before the current crisis, it was clear that governments must strengthen checks and balances, limit the influence of big money in politics and ensure inclusive and broad input in political decision- making. Public policies and the allocation of resources should not be determined by economic power or political influence, but by fair consultation and impartial budget allocation. That is why governments must urgently tackle the channels through which private interests can gain undue leverage over public decision- making.

    Over the years, G20 countries have committed to put in place a wide range of policies, from tackling conflicts of interest to protectingwhistleblowers. What they have not yet done is adequately implement these in practice. If implemented in an effective and complementary way, existing commitments can address many aspects of the challenge that undue influence will pose to an effective and sustainable long- term response to the current crisis.

    In addition, parliaments, governments and international organizations should postpone any ongoing non- emergency related measures that require public consultation, until they have put in place effective alternative measures to ensure public participation in the decision-making process.

    Furthermore, to avoid abuses of power, any state of emergency declared by national governments should be limited in duration and scope, and emergency powers should be exercised only for the purposes for which they were granted.

    We call on all governments and other actors involved to ensure that all responses to the COVID-19 outbreak are in compliance with international human rights law and standards, taking into account the specific needs of marginalized groups and people and those most at risk, and that the specific human rights risks associated with any particular response are addressed and mitigated.