Burundi: la situation des droits humains continue de s'aggraver avant les élections de 2020

Conseil des droits de l'homme de l'ONU - 42ème session
Dialogue interactif avec la Commission d'enquête des Nations Unies sur le Burundi

CIVICUS et les organisations indépendantes de la société civile burundaise se félicitent de l'important travail de la Commission d'enquête des Nations Unies sur le Burundi, et en particulier de ce rapport qui fournit un aperçu critique de la situation des droits humains dans le pays.

Comme l'indique clairement le rapport, la situation des droits de l'homme au Burundi reste désastreuse et continue de se dégrader. Il est essentiel d'assurer une surveillance et une communication continues de l'information. L'espace civique au Burundi est fermé, et des voix indépendantes et critiques, notamment celles des organisations de la société civile et des défenseurs des droits humains, y sont particulièrement ciblées. Nous demeurons profondément préoccupés par le fait que la condamnation du défenseur des droits humains Germain Rukuki a été confirmée par la Cour d'appel en juillet 2019.

Des élections sont prévues au Burundi en 2020. La fragilité du contexte pré-électoral et la montée des tensions politiques risquent de donner lieu à de nouvelles violations des droits humains. Nous sommes particulièrement alarmés par l'intolérance politique de la section jeunesse "Imbonerakure" du parti au pouvoir face aux membres de l'opposition. Les bureaux des partis politiques d'opposition ont été brûlés ou détruits et des membres de ces partis ont été détenus arbitrairement.

Compte tenu de l'interdiction des médias internationaux et des restrictions injustifiées imposées aux médias privés indépendants au Burundi, il est impératif que les violations des droits humains soient documentées par la communauté internationale. Nous exhortons le Conseil à renouveler le mandat de la Commission afin d'assurer une surveillance et une documentation continues de la situation des droits humains au Burundi, en particulier avant les élections de 2020, car l'espace civique et démocratique limité du pays entrave les sources d'information indépendantes et critiques. Le renouvellement du mandat de la Commission montrerait clairement que l'obstructionnisme, l'indifférence et les menaces du gouvernement burundais contre l'ONU ne sont pas récompensés.

Nous appelons le gouvernement du Burundi à coopérer pleinement et à permettre l'accès aux mécanismes du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, et nous demandons à la Commission d'Enquête de quel soutien supplémentaire elle a besoin de la part du Conseil des droits de l'homme afin de poursuivre et renforcer son travail.